JEUDI SAINT – LA CÈNE DU SEIGNEUR

Lectures : Ex 12, 1-8.11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jn 13, 1-15

Vivre le Triduum Pascal dans l’intimité avec Jésus

MÉDITATION DU JEUDI 2 AVRIL 2026

Saint Jean, dans l’Évangile de la Cène du Seigneur, fait un choix qui devrait tout renverser dans notre façon de vivre l’Eucharistie. Cette nuit du Jeudi Saint, l’évangéliste ne raconte pas la fraction du pain pour l’institution de l’Eucharistie. À la place, il décrit Jésus qui se lève de table, retire ses vêtements de Maître, noue un linge autour de lui et s’agenouille au sol pour laver des pieds. Ce geste est l’Eucharistie. Pas son image, pas sa préparation, son cœur même. Car, pour Jean, ce sol sur lequel Jésus est à genoux est l’autel.

Ce mystère est profond. Car, Dieu, dans toute sa gloire éternelle, choisit librement de descendre, non pas parce qu’il y serait contraint, mais parce que c’est précisément là que son amour se révèle dans sa plénitude. La gloire de Dieu, cette nuit du Jeudi Saint, a la forme d’un homme à genoux sur un sol, les mains dans un bassin d’eau, le visage tourné vers ce qu’il y a de plus humble dans la condition humaine. C’est cela, l’Eucharistie selon Jean : la gloire qui se baisse, non pour s’amoindrir, mais pour atteindre ce que rien d’autre ne peut rejoindre.

Et cette même nuit, Jésus, à travers le lavement des pieds, institue le sacerdoce ministériel. Avant de confier l’autel à ces hommes, il leur montre où est le vrai autel. Avant de leur apprendre à élever le pain, il leur apprend à baisser les mains. Tout prêtre qui célèbre l’Eucharistie est ordonné pour cela ; non pas pour régner depuis un sanctuaire, mais pour reproduire jusqu’à la fin des temps cette posture fondatrice : le Maître à genoux devant la vie des gens, devant leur fatigue, leurs pieds poussiéreux, leurs chemins épuisants.

Faites cela en mémoire de moi. Jean fait résonner ces mots mais sur un linge trempé, sur des mains qui servent, sur une vie offerte, en pain rompu, dans le quotidien le plus concret.  Donner l’Eucharistie, recevoir l’Eucharistie, c’est apprendre à se mettre à genoux.  Car l’Eucharistie, c’est Dieu à genoux qui attend qu’on L’imite.

Seigneur, fais que chaque communion me remette à genoux, non par contrainte, mais parce que j’aurai compris que c’est là, sur ce sol, que tu m’attends. Amen.

Père Didier Sallé

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