24e Dimanche du Temps Ordinaire

Lectures: Sir 27, 30-28, 7 ; Ps 102 ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35

Vivre la foi dans l’intimité avec Jésus

Méditation du dimanche 13 septembre 2026

Le Psaume 24 (23), que nous récitons souvent, dit ce qui suit : « qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans son lieu saint ? L’homme aux mains innocentes, au cœur pur, qui ne livre pas son âme aux idoles et ne dit pas de faux serments… »

Cependant, quel est cet homme, parmi les mortels, qui peut, de ses propres forces, qui peut prétendre avoir le cœur pur et les mains innocentes en tout temps devant Dieu ? Impossible. C’est pourquoi Saint Paul nous rappelle cette vérité : « Dieu a enfermé tous les hommes dans le péché (désobéissance) pour faire à tous miséricorde » (Rm 11, 32).

La justice de Dieu se manifeste à notre égard sous la forme de miséricorde, de pardon. Il n’agit pas envers nous selon nos offenses ni ne nous traite selon nos péchés. Dans l’Évangile de ce dimanche, le Seigneur Jésus nous montre, à travers une parabole, que Dieu ne nous applique pas une justice rigoureuse ; bien au contraire, sa compassion, sa bonté et sa miséricorde prennent tout le temps le dessus. Dans la parabole que Jésus nous a proposée, il s’agit d’un homme qui devait dix mille talents à un roi. Il faut noter, d’une part, qu’en grec, le chiffre dix mille (myrioi) était le chiffre le plus élevé jamais estimé dans les calculs et opérations courants. D’autre part, le talent (en grec tálanton) était aussi l’unité monétaire la plus élevée. Dans l’Évangile on a considéré que dix mille talents équivalent à soixante millions de pièces d’argent. Dans nos devises monétaires actuelles, cela équivaudrait à 1.200 millions d’euros (selon certaines études), soit approximativement 790 milliards de francs cfa. Quel individu peut payer cette dette ? C’est un chiffre énorme. Jésus, en employant cette parabole, veut nous faire comprendre que la dette (= réparation des péchés et offenses à Dieu et à autrui) de chacun et chacune de nous devant Dieu est énorme. Qui peut racheter sa vie au prix de son mérite personnel ? Personne.

Pris de compassion et de miséricorde, le roi pardonna sa dette énorme à cet homme endetté jusqu’aux os. Une leçon divine qui nous fait voir qu’en réalité, nous vivons de la miséricorde de Dieu, non de sa justice rigoureuse. Et Dieu voudrait aussi que dans notre vie, nous puissions refléter et partager cette miséricorde qui nous est donnée gratuitement. Les offenses des autres nous blessent… Oui c’est vrai. Mais nous non plus ne sommes pas sans péchés. Aidons-nous en nous corrigeant fraternellement et en nous pardonnant mutuellement pour mériter aussi le pardon de Dieu et pouvoir entrer un jour dans son lieu saint, c’est-à-dire dans son Paradis.

Prions le Seigneur pour qu’il nous donne la grâce de combattre et de bannir de notre vie la rancune, la vengeance, la jalousie… pour vivre en enfants de Dieu pardonnés et prompts à faire miséricorde aux autres. Que le Seigneur écoute et exauce nos prières.

Père Théodore Kaboré

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