4e semaine de Pâques
Vivre le Temps Pascal dans l’intimité avec Jésus
Lectures : Ac 13, 44-52 ; Jn 14, 7-14
Méditation du Samedi 2 Mai 2026
‘’Celui qui croit en moi, fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je pars vers le Père’’ Jn 14, 12
Il y a dans cette parole quelque chose qui résiste à toute explication raisonnable. Jésus regarde ses disciples, des hommes ordinaires, hésitants, qui ne comprennent pas encore très bien ce qui leur arrive, et il leur dit calmement : ‘’vous ferez de plus grandes choses que moi’’. Pas des choses équivalentes. De plus grandes.
Le mystère n’est pas dans la promesse. Il est dans la logique qui la fonde. Jésus explique lui-même : parce que je pars. Son départ n’est pas une perte, c’est une grâce. Tant qu’il vit dans un seul corps, il est soumis aux contraintes de tout corps : un lieu à la fois, une époque, une langue, une culture. La Galilée ou Antioche. Jamais les deux au même moment. En partant, il cesse d’être localisable. Il devient transmissible.
La foi ne fait pas de nous des imitateurs de Jésus. Elle fait de nous des lieux où Jésus redevient présent, maintenant, ici, dans cette ville, dans cet immeuble, dans ce lieu de travail, dans cette relation que lui seul n’aurait jamais pu atteindre.
Paul et Barnabé, dans la première lecture, jetés hors d’Antioche, repartent vers Iconium, parce que quelque chose en eux ne peut plus s’arrêter. Ce n’est plus eux qui marchent. C’est Lui qui continue, dans de nouveaux pieds, vers de nouveaux visages.
Les œuvres plus grandes ne sont pas des miracles plus spectaculaires. Elles sont la même œuvre, multipliée par le nombre de ceux qui croient, répandue sur des siècles et des continents, que le corps de Jésus n’aurait jamais pu couvrir seul.
Croire, c’est devenir l’endroit où Jésus réapparaît.
Seigneur, je réalise à peine ce que tu as déposé en moi le jour où j’ai cru. Apprends-moi à ne plus vivre comme si tu étais absent — mais comme l’endroit précis où tu as choisi de continuer. Amen.
Père Didier Sallé